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Comment les collectivités appréhendent-elles la rentrée ?

Publiée le 21/09/2020
Incertaine et inédite, rarement une rentrée aura été source de si nombreuses inquiétudes et incertitudes. Pourtant, les élus et les agents territoriaux sont au rendez-vous pour mener de front le calendrier habituel de l’automne et tous les dossiers qui s’ajoutent pour cause de crise sanitaire...
 

Picto vidéo - SMACL Assurances La minute web : Comment les collectivités envisagent cette rentrée

 
 

Picto interview - SMACL AssurancesPoint de vue des experts

Interview J M Morer - SMACL Assurances
"La sortie du confinement s’est effectuée en mode accéléré et intense pour des équipes déjà impactées par la période des élections."

Jean-Michel Morer, maire de Trilport (Seine-et-Marne), vice-président de l’Association des maires de Seine-et-Marne et membre de l’APVF

 
La Covid a rendu ce début de mandat très particulier. Ces 100 jours se sont décomposés en trois phases :
  • mi-mars / mi-avril, une période de sidération et d’adaptation au moment du confinement et de sa mise en place. Y compris dans ma commune où nous avions mis en place un plan de continuité d’activité (PCA), suite à l’aggravation et l’accélération de la pandémie en Italie,
  • avril à juin sa gestion auprès de nos concitoyens,
  • juin / juillet : un redémarrage en mode express et sur des chapeaux de roue, compte-tenu des délais très contraints, de l'activité municipale, intercommunale et le vote du budget. La sortie du confinement s’est effectuée en mode accéléré et intense pour des équipes déjà impactées par la période des élections, toujours délicate, et la gestion de semaines particulières. Cette phase de début de nouveau mandat, y compris pour une équipe sortante, nécessite toujours une période de concertation qui demande du temps et un dialogue collectif et collaboratif, notamment sur la constitution du budget, que le confinement ne nous a pas permis d’avoir comme je l’aurais voulu. Le vote du budget s’est donc fait dans des conditions inédites mais son contenu nous a également beaucoup questionnés tant il doit intégrer des dépenses supplémentaires, quelques économies mais également des recettes en moins (cantine, locations de salles…). Les premières grandes décisions ont concerné les travaux que nous n’avions pu encore lancées faute de vote de budget.
Le confinement a laissé des traces, venant notamment après une période électorale toujours déstabilisante.  Les équipes opérationnelles au mois de juillet étaient "rincées", d’autant que la Covid a ajouté du stress. Des agents se sont beaucoup mobilisés durant le confinement, d’autres ont dû s’occuper de leurs enfants, télétravailler, modifier considérablement leur méthode de travail… Avec ma DGS, nous avons initié et mis en place un suivi psychologique afin de nouveau, de faire bloc et de privilégier ce qui a toujours été un point fort dans ma commune l’esprit d’équipe et le sens du service public.
La priorité est la rentrée scolaire, entre rénovation des écoles, et bien évidemment suivi d’un protocole sanitaire, certes allégé, mais nécessitant toute notre vigilance. Cet impératif sanitaire se posant également pour  la vie associative, évènementielle dans la ville, entre ce que nous pouvons  maintenir, reporter, annuler… Ce qui nécessitera un dialogue approfondi avec les acteurs de terrain, une concertation accrue et beaucoup de réactivité selon l’évolution de la pandémie.

Ensuite, initier une nouvelle dynamique, afin de concrétiser les engagements pris durant la campagne, notamment sur la concertation. C’est d’autant plus important que nous mettons en place un management plus collaboratif afin d’accompagner le développement de la ville qui entre dans une période charnière.

Ma commune étant concernée par la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU), nous avons initié un éco quartier labellisé au niveau national et régional qui entre dans une phase opérationnelle - les premiers logements seront livrés début 2021 - et qui va nous amener de nouveaux habitants.

C’est pourquoi la question du management et de la gouvernance est aussi importante et nous a amenés à renforcer l’équipe sur des fonctions-clés. Aussi la montée en puissance sera à la fois progressive et continue, nous ne devons pas confondre vitesse et précipitation, mais avancer ensemble, équipe municipale et services de la commune, en renforçant en amont la concertation avec les habitants. C’est un point central.

Il nécessite un pré-requis, le pratiquer en interne. Nous devons donc abandonner la culture "silo" et nous orienter vers une logique de plateforme, nous mettons en place des outils numériques collaboratifs qui vont nous y aider. Mais l’usage doit précéder l’outil.
Cette crise a malgré tout été une belle expérience humaine qui m’a rappelé que la solidarité et la réactivité locales sont essentielles et qui n’a fait que renforcer un sentiment que j’avais déjà : "aide-toi, le ciel t’aidera". Nous savons qui a répondu présent à nos côtés pour agir au plus près de nos habitants durant ces longues semaines, et qui ne l’a pas été.

Cette crise sanitaire a souligné toute l’importance de l’action  des communes et des élus locaux, toujours en première ligne. Il est important que l’État s’en souvienne. L’action publique de proximité nécessite d’être au plus près de nos habitants encore faut-il disposer des moyens d’action pour répondre concrètement aux priorités et urgences du terrain. Durant cette crise sanitaire la réponse est venue des communes et du local, non des structures XXL.

Témoigange Sylvain Laval - SMACL Assurances

"Personne ne peut prévoir la réglementation qui s’adapte au jour le jour."

Sylvain Laval, Maire de Saint-Martin-le-Vinoux (Isère)


 

J’étais conseiller municipal lors du précédent mandat, je connaissais donc bien le maire et j’ai travaillé avec lui suite à mon élection au mois de mars. Il dirigeait toujours la mairie mais nous prenions les décisions importantes de façon concertée.

Après 100 jours de mandat, le bilan est globalement positif, même si la Covid-19 ne nous a jamais quittés. Les services sont fortement mobilisés depuis 5 mois, particulièrement les équipes du CCAS. Leur implication est très appréciée.

De son côté, l’équipe municipale a été renouvelée en grande partie. Pour ces nouveaux élus, la Covid ajoute des tâches, perturbe le quotidien, mais tout cela renforce notre motivation. Des adjoints s’appuient sur les conseillers délégués, les binômes sont essentiels dans les domaines scolaires, sociaux ou les sports.
La préparation de la rentrée scolaire est notre dossier majeur évidemment. Nous sommes encore dans l’incertitude, personne ne peut prévoir la réglementation qui s’adapte au jour le jour.1
Nous maintenons des manifestations importantes pour la convivialité, telles que le forum des associations, en ajustant l’organisation et en se tenant prêt à l’annuler si nécessaire.
 
Quant à l’intercommunalité, elle se met en place progressivement. Le président de Métropole de Grenoble a été élu en juin mais l’exécutif n’a pas encore été installé. La Métropole a été très active durant le confinement pour soutenir l’économie, je pense que la nouvelle assemblée sera dans la même dynamique.


1interview réalisée le 25 août
La question de l’organisation des services relève de la DGS en qui j’ai toute confiance. Par chance, nous n’avons pas eu d’agents touchés et continuons à faire en sorte de ne pas les exposer, notamment les plus fragiles d’entre eux.

Il y a eu une belle solidarité entre les services durant le confinement : le service de surveillance des bâtiments a renforcé l’équipe de nettoyage par exemple. Je pense que sur le plan humain, cette crise est riche d’enseignements.

 

Interview Steve Luhmann - SMACL Assurances

"Les horaires sont toujours aménagés dès lors qu’il faut éviter le croisement de groupes d’agents."

Steve Luhmann, responsable des services techniques à Sarreguemines (Moselle)


Je gère une équipe de six agents en charge des travaux d’éclairage public, de régulation du trafic et de vidéoprotection urbaine.

Le confinement n’a pas stoppé toute l’activité de mon service car il fallait veiller notamment au bon fonctionnement de l’éclairage public, à la maintenance du système de vidéoprotection et des feux tricolores et, à la suite des élections, il est prévu habituellement à cette période de réfléchir à la préparation du budget. Notre service est donc resté mobilisé ; nos missions n’ont donc pas pris trop de retard, pas suffisamment en tout cas pour bouleverser le calendrier de la rentrée.

Notre commune a été durement touchée par la pandémie : un chef de service, pourtant en bonne santé, est décédé au printemps et une élue a été placée en réanimation pendant plusieurs semaines. Cela laisse des traces, et incite d’autant plus à la prudence. Les horaires sont toujours aménagés dès lors qu’il faut éviter le croisement de groupes d’agents ou pour lisser l’utilisation des véhicules pour que seuls deux agents soient à l’intérieur. Et nous sommes conscients que nous pourrions retravailler en mode dégradé si des agents devaient à nouveau garder leurs enfants. Des autorisations spéciales d’absence sont prévues pour ces cas particuliers.

Pour ma part, pour raisons de santé, je dois rester en télétravail, mais j’assure mon travail au quotidien grâce aux outils informatiques mis à disposition par ma collectivité ainsi que les réunions de suivi de chantier en m’y rendant avec mon véhicule personnel et en veillant à rester à distance de mes interlocuteurs. La relation avec les collègues me manque.

Je suis membre de l’ATTF, sans responsabilité au sein de l’association, mais avec un œil attentif aux informations que nous recevons. J’apprécie particulièrement les échanges d’expérience avec les autres adhérents.


Interview Hervé Boulle - SMACL Assurances

"Nous passons progressivement en « full démat » avec des parapheurs électroniques, le maintien des procédures dématérialisées du confinement et une grande vigilance sur le cyber risque."

Hervé Boulle, DGS de Communauté de Communes Beaucaire Terre d'Argence (Gard)
 
Les communes membres de Beaucaire Terre d’Argence ont élu leur maire au 1er tour le 15 mars, l’exécutif a donc pu être renouvelé dès juin et le budget compte administratif approuvé rapidement.

Durant le confinement, la compétence la plus impactée a été le service propreté (collecte des déchets, déchetterie, propreté urbaine), c’est donc le service qui a été sécurisé prioritairement.
Les déchetteries ont rouvert assez rapidement car les agents passaient beaucoup de temps à ramasser les dépôts sauvages et la population nous a fait sentir son souhait de jeter le fruit de leur nettoyage de printemps. Le confinement a démultiplié les tris dans les greniers !

La reprise de la filière déchetterie permettait en outre aux entreprises de continuer ou reprendre leur activité, ce qui était essentiel pour nous.

Nous avons mis en place des horaires différenciés pour éviter les croisements d’équipe pour la collecte et la propreté. Tout a été opérationnel rapidement, en raison notamment du sérieux de nos services, il y a eu une prise de conscience de leur rôle et de l’importance de maintenir en activité le service pour des raisons évidentes d’hygiène et salubrité publiques.
Par manque de temps, nous n’avons pas établi d’accord spécifique avec les représentants du personnel, et tout s’est bien passé. Un des enseignements de cette période est bien la mobilisation des agents et la réactivité des responsables de services.

Par nécessité ou manque d’activité, des services ont été mis au repos. Nous n’avions pas envisagé leur sentiment d’isolement, de manque de considération des agents concernés. Ils ont été appelés en renfort du service déchets mais si c’était à refaire, nous les aurions mobilisés sur d’autres tâches plus tôt.
Je voulais expérimenter le télétravail l’an dernier, mais il y avait des réticences de la part de certaines équipes, qui ont été levées par le confinement. Nous étions en gestion dématérialisée depuis 5 ans déjà et cela a facilité grandement le passage en télétravail, nous passons progressivement en « full démat » avec des parapheurs électroniques, le maintien des procédures dématérialisées du confinement et une grande vigilance sur le cyber risque.

Les services administratifs conservent un jour de télétravail par semaine.  

Si les écoles ne peuvent pas accueillir les agents, ces derniers seront évidemment autorisés à rester chez eux, en faisant du télétravail, même si juridiquement on ne peut pas les forcer à faire du télétravail.

Je suis persuadé que le maître mot dans une relation professionnelle c’est la confiance, ces 6 derniers mois m’ont conforté dans ma conviction. Il n’y a pas de raison de mettre en place des systèmes de surveillance, mes agents ont des objectifs, ils les remplissent à leur rythme et en fonction de leurs contraintes, y compris en travaillant en dehors des horaires classiques. C’est le résultat d’une démarche que j’ai entamée depuis des années.

 

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