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Comment créer de nouvelles organisations de travail ?

Publiée le 04/06/2020
Mardi 2 juin, notre pays est entré en phase 2 du déconfinement. Les règles de circulation s’assouplissent, des services publics peuvent rouvrir, d’autres restent sur un fonctionnement aménagé, certains agents sont encore en télétravail… La poursuite du travail à distance exige de prévenir des conséquences sur la santé des travailleurs, elle invite également les managers à revoir leurs pratiques.

Picto vidéo - SMACL Assurances La minute web : Les organisations hybrides

 
 

Picto interview - SMACL Assurances Point de vue des experts


Interview Olivier Decourcelle - SMACL Assurances

Olivier Decourcelle, dirigeant d’Ergos concept 

 
Nous allons vers une segmentation des missions : celles qui ne relèvent que de la réflexion personnelle pourront se faire à distance, les autres qui nécessitent la communion des idées subsisteront dans des espaces de travail renouvelés.


 
Le confinement a mis en exergue ou exagéré les situations difficiles. C’est en cela que le télétravail peut être source de troubles. Puisque l’outil de travail entre dans la sphère privée, une situation de conflit avec un collègue (ou un supérieur) ou un stress lié à ses missions viennent donc contaminer la sphère personnelle qui pouvait être jusque-là ressentie comme protectrice.
À l’inverse, en cas de soucis personnels, le déplacement domicile-travail puis la journée de travail pouvaient être des sas de décompression. Ce n’est plus le cas en situation de télétravail.
Une actualité m’a particulièrement marqué – et agacé – pendant le confinement. Celle de l’annonce en visioconférence du licenciement de 2 500 salariés d’une compagnie américaine. Annoncée dans l’entreprise, entouré de collègues qui subissent le même sort, avec un recours direct auprès des instances représentatives du personnel, cette nouvelle n’a pas le même impact à distance. Comment réagit-on quand on est seul chez soi, sans personne avec qui partager son désarroi ? Les TMS sont statistiquement la première maladie professionnelle, mais on ne meurt pas d’un mal de dos. Si on ajoute que les maux de dos peuvent résulter de difficultés personnelles (l’expression "En avoir plein le dos" n’est pas une hérésie), je pense en effet que les RPS sont un vrai risque pour le salarié esseulé.
Le télétravail sollicite 2 sens : la vue et l’ouïe, et occulte ce qui est extracorporel que permettent l’échange et les rencontres. Un groupe de personnes a besoin de convivialité, de discussion, de fraternalisation pour créer, se renouveler et innover. Le télétravail ne permet pas cela.

En outre, prendre les transports en commun est devenu un risque pour les usagers. Si le temps de trajet peut être ressenti comme inutile, il sera mal vécu.
Je pense donc, en effet, que nous assisterons à une segmentation des missions : celles qui ne relèvent que de la réflexion personnelle pourront se faire à distance, les autres qui nécessitent la communion des idées subsisteront dans des espaces de travail renouvelés. Au-delà de l’aspect organisation dans l’espace, cette répartition des tâches induit un nouveau type de management : celui du contrôle des process et des projets et non celui des personnes.
L’ergonome intervient lorsque ces nouveaux modes sont définis par la direction générale et les ressources humaines.

> Des trucs et astuces pour organiser un espace de travail de qualité   
> Participez aux sondages sur la page Facebook de la société Ergos Concept

 

Interview Emmanuel Gros - SMACL Assurances


Emmanuel Gros, DGS de la Ville de Saint-Nazaire
, Vice-président du SNDGCT, en charge des questions de management


Le management à distance est un vrai défi de formation qui s’ouvre pour la Territoriale.

 
Le télétravail a été amorcé en 2019 autour de 60 agents pilotes et nous devions poursuivre par étape en 2020 avec 130 agents concernés. Le confinement rabat les cartes ! 650 de nos 1400 agents sont devenus télétravailleurs en 24 heures. En une semaine, notre service informatique a installé les connexions nécessaires à la poursuite de l’activité et les directions ont poursuivi la conduite de leurs équipes grâce à la visioconférence. Rainbow est le nom du logiciel retenu pour ces communications, pour des questions de simplicité d’usage mais aussi de sécurité.
Nous avons démarré la crise avec un management en mode descendant car il fallait aller vite. J’ai été accompagné par notre responsable de communication interne et une chargée de mission de la DSI pour maintenir le lien entre les équipes et accompagner les agents dans l’appropriation des outils.
La généralisation forcée du travail à distance a permis de faire "par miracle" ce qui ne l’était pas avant. Il n’y a plus ou très peu de métiers "non télétravaillables". Par la force des choses, des responsables des services techniques ont dû suivre l’exécution des chantiers et la mise en sécurité de ces derniers, à distance, par l’envoi de photos et de contacts dématérialisés avec les entreprises. En pérennisant ces pratiques, nous réduirons un temps non négligeable dans les déplacements.
De la même manière, il semblait dangereux de traiter la gestion de la paie et des finances depuis chez soi pour des raisons de sécurité informatique. Le confinement a rendu ces pratiques possibles, à condition de respecter un certain nombre de mesures pour se prémunir des risques informatiques.
C’est un sujet de réflexion qui n’est pas nouveau. Dans le cadre de la thématique "management – qualité de vie au travail" du projet Partenariats des savoirs, le SNDGCT a mené une enquête autour du télétravail, afin de mieux prendre en compte les attentes des salariés, des entreprises et des collectivités, tout en permettant de reposer les fondamentaux de l’organisation et de ses objectifs. Dans la continuité de cette enquête menée en 2018, j’ouvre un groupe de réflexion dont la légitimité est renforcée par la publication du décret paru début mai qui assouplit les conditions du télétravail dans les trois fonctions publiques.
J’invite donc à me faire part des bonnes pratiques mises en œuvre dans les collectivités, mais pas seulement, en vue de bâtir de nouvelles formes de management.
Il n’y aura plus de management segmenté en présentiel et à distance. Mais l’un ne peut être exclusif de l’autre. Le distanciel ne crée pas le collectif, or dans une organisation, on vise à faire équipe. Des agents en télétravail sont comme des athlètes dans une compétition de sprint : chacun dans sa ligne avec le regard porté principalement face à soi. Ce n’est pas comme cela que vous faites équipe.
Le management à distance est un vrai défi de formation s’ouvre pour la Territoriale. Il faudra intégrer cette nouvelle thématique dans le tronc commun de formation.

 

Interview Bernard Deljarrie - SMACL Assurances

Bernard Deljarrie, délégué général du réseau Cap’Com*
 
La communication interne s’est révélée indispensable durant la crise.


 
Au regard des échanges que nous entretenons avec les membres de notre réseau, j’observe trois transformations :
  • La communication interne a fait preuve de réactivité pour épauler les directions générales dans l’organisation du travail à distance.
  • Il y a eu rapidement un souci de proximité avec les agents pour que chacun puisse se reconnaître dans les communications de crise. Les discours ont été personnalisés (grâce aux intranets notamment) pour répondre aux questionnements individuels.
  • Le confinement a renforcé la nécessité de toucher tous les agents et d’être intelligible et compris par chacun d’entre eux. La Métropole de Besançon qui a remporté notre prix de la presse territoriale a même renforcé les publications papier. En complément des messages sur l’intranet, le mensuel imprimé est devenu provisoirement hebdomadaire pour que les agents qui sont plus à l’aise avec ce format ne soient pas mis sur la touche de l’information.

Il en ressort une vraie reconnaissance du rôle des communicants internes. Une tendance qui avait commencé au cours du dernier mandat. En effet, les contraintes budgétaires des collectivités et les transformations institutionnelles ont amorcé une évolution du positionnement de la communication interne la plaçant comme un maillon central dans la chaîne de valeurs à construire. La crise du Covid19 a poursuivi ce mouvement.
Il y eu deux temps. Les premiers messages étaient plutôt techniques, pour accompagner l’organisation du travail à distance et insister sur les mesures sanitaires à respecter. Puis, dans un second temps, le besoin de maintenir, voire de créer du lien, s’est fait ressentir. Raconter le quotidien des agents, expliquer l’aménagement des organisations, rassurer les agents sur les dispositifs de gardes d’enfant, etc. ce sont quelques-uns des thèmes qui ont été les plus présents dans les supports de communication interne.
Dans les communes qui ont pu élire leur maire dès le 15 mars, il n’y a pas eu de communication politique particulière pour présenter les nouveaux élus aux agents durant cette période. Les communicants ont attendu l’installation des conseils municipaux pour se consacrer jusque-là à la gestion de la crise.
Une grande partie des collectivités ont l’habitude de fonctionner avec des équipes sur site et à distance. Par exemple, les départements ont des services déconcentrés liés à la voirie et aux collèges, dont les agents reçoivent les mêmes messages que les agents du siège. Les collectivités utilisent essentiellement leurs intranets. Ce n’est donc pas une question d’outils et le déconfinement ne bouleversera pas l’existant.
Pour autant, une attention particulière devra être portée aux managers de proximité ; ils ont été un autre élément de la réussite du travail à distance. Le plus souvent, ils sont déjà destinataires d’un traitement particulier de l’information, il faudra poursuivre dans ce sens.

En savoir plus
Depuis plus de 30 ans, Cap’Com fédère, anime et représente les 25 000 professionnels de la communication publique et territoriale des collectivités locales, les administrations et organismes publics nationaux et locaux et du secteur associatif.
Cap’Com s’adresse aussi à tous ceux qui s’intéressent à la communication d’intérêt général : élus, collaborateurs de cabinets, managers publics, universitaires, consultants, agences de communication et prestataires spécialisés. 

 

* Depuis plus de 30 ans, Cap’Com fédère, anime et représente les 25 000 professionnels de la communication publique et territoriale des collectivités locales, les administrations et organismes publics nationaux et locaux et du secteur associatif. Cap’Com s’adresse aussi à tous ceux qui s’intéressent à la communication d’intérêt général : élus, collaborateurs de cabinets, managers publics, universitaires, consultants, agences de communication et prestataires spécialisés. 

 
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