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Friches industrielles : un levier de valorisation territoriale sous haute vigilance assurantielle

Introduction

Les friches industrielles constituent un important potentiel foncier dont la réhabilitation répond à des enjeux majeurs : limiter l’étalement urbain, revitaliser des territoires délaissés et développer de nouvelles activités économiques et culturelles, dans une logique de développement durable.

Corps de page

La valorisation des friches : une opportunité stratégique pour les territoires

Les friches industrielles représentent un gisement foncier considérable. Leur réhabilitation permet : 

 

  • De limiter l’étalement urbain en réutilisant du foncier déjà artificialisé
  • De revitaliser des zones délaissées, souvent marquées par la désindustrialisation
  • D’attirer de nouvelles activités économiques et culturelles
  • De répondre aux attentes sociétales en matière de développement durable

 

Dans ce contexte, les projets se multiplient : écoquartiers, tiers-lieux, espaces culturels, hubs logistiques ou encore sites événementiels. Mais cette requalification implique une transformation en profondeur des sites, souvent dégradés et porteurs d’un passif technique et environnemental.

 

Nous sommes pleinement conscients des contraintes fortes qui s'imposent aux collectivités dans la réhabilitation de ces friches, souvent de grande ampleur et en très mauvais état. 
Leur remise en état représente une charge financière importante pour nos sociétaires, à laquelle s'ajoute l'enjeu majeur de sécurisation de ces sites

 

Elle s’accompagne aussi de risques significatifs, tant sur les plans juridique, structurel, environnemental que d’usage. De ce fait, l’approche assurantielle devient un outil clé pour sécuriser les projets et accompagner les collectivités dans la gestion de ces actifs complexes. 

 

 

 

Responsabilités juridiques : un cadre complexe pour les collectivités

Les collectivités, en tant que propriétaires ou aménageurs, peuvent voir leur responsabilité civile engagée en cas de dommages causés à des tiers : accidents liés à l’état du site, blessures lors d’événements organisés sur la friche, défauts de sécurisation.
 

 

Attention : même en cas de délégation à un tiers exploitant, la responsabilité de la collectivité peut être recherchée, notamment en cas de défaut de vigilance ou de contrôle.


Les sites industriels présentent également des risques pollutions historiques (sols, nappes, air). Dans ce cas, la responsabilité peut incomber à l’ancien exploitant (principe « pollueur-payeur »), mais aussi au propriétaire ou à l’aménageur en cas de transfert ou de défaillance.

 

Les collectivités doivent donc anticiper :

 

  • Les obligations de dépollution
  • Les risques de contentieux environnementaux
  • Les impacts sanitaires potentiels pour les usagers

 

Attention : des garanties spécifiques (type responsabilité environnementale) permettent de couvrir les coûts de dépollution et les dommages causés à l’environnement.

 

Risques structurels, environnementaux et liés aux usages des friches

 

Risques prioritaires 

(enjeux de responsabilité)

Risques majeurs 

(enjeux de dommages)

Actions associées
Structurels

Effondrements de bâtiments

Chute d'éléments

Présence d'amiante dégradée

Incendies

Installations électriques obsolètes

Diagnostics techniques approfondis

Mise à jour des plans de prévention

Environnementaux

Pollution à impact sanitaire

 (hydrocarbures, métaux lourds)

Dispersion de polluants lors des travaux

Déchets enfouis ou résidus industriels

Etudes de sols 

(phase 1-2-3)

Plan de gestion des pollutions

Suivi post-réhabilitation

Liés aux usages

Accidents du public

Non-conformité des ERP

Difficultés d'adaptation des garanties

Activités atypiques à risques

Vérification conformité ERP

Evaluation des risques par activité

Encadrement strict des exploitant

 

Focus majeur : la phase transitoire, période la plus critique

La période entre l’abandon du site et sa réhabilitation constitue la phase la plus exposée. Ce sont des sites souvent non sécurisés ou partiellement. Il n’y a pas de surveillance régulière et les usages ne sont pas maîtrisés. 

 

Face à des risques tels que les intrusions et squats, incendies volontaires, accidents (exploration, vandalisme) et dégradations accélérées, il faut prioriser des actions : 

 

                

Site CESame
Site CESAme à Marmande (47)

 

 

Intrusion et malveillance : un risque sous-estimé mais fréquent

Les friches constituent des cibles privilégiées pour les squats et occupations illicites, incendies volontaires, dégradations et vandalismes et vol de matériaux. 

 

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Ampoule conseil

Bon à savoir : Les intrusions sont l’une des premières causes de sinistres sur les sites inoccupés.

 

Mesure de prévention : une approche opérationnelle indispensable

Sécurisation 

physique

Prévention

 des intrusions

Encadrement 

des usages

Suivi 

technique

  • Clôture continues et résistantes
  • Portails sécurisés et verrouillés
  • Signalisation claire des dangers
  • Vidéosurveillances
  • Rondes de sécurité / gardiennage
  • Systèmes anti-intrusion
  • Convention d'occupation temporaire
  • Arrêtés municipaux
  • Définition précise des responsabilités
  • Diagnostics réguliers (structure, amiante, pollution)
  • Inspections documentées
  • Mise à jour des plans de prévention

 

Une approche assurantielle globale et conditionnée

L’assurance joue un rôle structurant, mais elle repose sur des prérequis :

 

Tous les sites ne sont pas immédiatement assurables. L’assurabilité du site dépend de son état, du niveau de sécurisation et de la connaissance des risques. L’exigence des assureurs passe par la réalisation des diagnostics complets, la mise en sécurité effective et le suivi documenté du site. Prévoir les limites de couvertures, incluant des franchises élevées, des exclusions (pollution ancienne, défaut d’entretien) et des conditions spécifiques aux sites inoccupés. 

 

Pour accompagner efficacement les collectivités, l’assurance doit s’inscrire dans une logique globale et évolutive, couvrant l’ensemble du cycle de vie du projet :

 

  1. Phase d’acquisition
    - Audit assurantiel
    - Analyse des passifs (pollution, structure)
     
  2. Phase de sécurisation
    - Couverture des risques de site inoccupé
    - Responsabilité civile propriétaire
     
  3. Phase de travaux
    - Tous risques chantier
    - Responsabilité des intervenants
     
  4. Phase d’exploitation
    - Assurance multirisque adaptée aux usages
    - Garanties spécifiques événements et activités

 

Dans ce contexte, l’approche assurantielle joue un rôle structurant, non seulement comme outil de couverture, mais aussi comme levier d’anticipation et de sécurisation des projets. 

 

En intégrant dès l’amont les dimensions juridiques, techniques, environnementales et d’usage, les collectivités peuvent transformer ces anciens sites industriels en véritables actifs territoriaux durables, tout en maîtrisant leur exposition aux risques.

 

 

Pour en savoir +

 

Article "Sécurisation des bâtiments désaffectés et interdiction d’accès aux sites dangereux"

 

Article "Intrusions sur des sites dangereux : quelles responsabilités pour les élus et les collectivités en cas d’accident ?"