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Michel Delebarre dans SMACL Infos

Publiée le 08/10/2013
Michel Delebarre : ''La culture du risque traverse toutes nos actions''
Figure de la vie politique s’il en est, particulièrement territoriale, Michel Delebarre préside depuis novembre dernier aux destinées de l’Association des communautés urbaines de France (ACUF). Avec la ferme intention d’apporter sa pierre, constructive, aux évolutions en cours dans l’univers des collectivités locales.


Récemment élu pour 3 ans à la tête de l’ACUF, quelles priorités fixez-vous à votre mandat ?
« Alors que 95 % des Français vivent sous l’influence de la ville, le fait urbain doit être reconnu comme une opportunité à organiser, et non comme une menace. Nous devons doter nos agglomérations, locomotives économiques, de moyens leur permettant de fonctionner au mieux en irriguant tout le territoire. Parce que le développement urbain doit profiter à tous, la solidarité est au coeur de nos préoccupations, en termes de logement, de transition énergétique ou de politique de la ville. Afin d’être audibles, nous devons parler d’une même voix avec les associations du bloc local. En mai 2012, nos équipes se sont d’ailleurs réunies dans des locaux communs, pour une meilleure coordination. »

Vous militez activement pour l’Agence française de financement des investissements locaux. Où en est ce dossier ?
« Les sénateurs ont voté en mars la possibilité de créer l’Agence, par amendement à la loi bancaire. Cette avancée majeure concrétise plusieurs années de travail avec l’Etat et les associations d’élus. Elle va nous permettre d’avoir en France ce qui fonctionne depuis des décennies à l’étranger. Une fois l’Agence créée, plusieurs mois de travaux seront encore nécessaires avant qu’elle n’émette ses premières obligations, liés à l’obtention de l’agrément de l’Autorité de contrôle prudentiel. »

Comment va fonctionner cette Agence ? Pour quelles collectivités ? Quels projets ?
« Nous construisons une Agence pour tous. En mutualisant les besoins d’emprunt de ses membres, elle accédera aux marchés obligataires et bénéficiera de conditions de financement avantageuses. Quelle que soit leur taille, les collectivités membres en bénéficieront. L’Agence ne proposera que des produits simples et standards et, à la différence d’une banque, n’aura aucun but lucratif. Présente sur tous les segments de marché, elle ne prononcera aucun jugement d’opportunité sur les projets financés. »

Et les bénéfices concrets à en attendre ?
« Il y a bien sûr un intérêt économique. Mais la raison d’être de l’Agence est sa capacité à diversifier les sources de financement en restaurant une saine concurrence entre les acteurs en place, en sécurisant l’accès à la liquidité. Créée par et pour les collectivités, l’Agence renforcera notre autonomie financière. Toutefois, elle imposera de strictes conditions d’entrée, et veillera continuellement à la solidité financière de ses membres. »

Vous intéressez-vous à la culture du risque ?
« Elle est transversale à toutes nos politiques publiques. Dans le domaine financier, c’est d’ailleurs le risque d’illiquidité qui a conduit au projet d’Agence. Mais au-delà, cette culture traverse toutes nos actions bien entendu, qu’il s’agisse par exemple de risques naturels, comme les inondations, ou encore des risques liés aux violences urbaines. »

Vous menez des travaux ou réflexions sur ces sujets ?
« En 2012, l’ACUF a réalisé une étude sur la gestion des risques d’inondation et la « ville résiliente. ». Au lieu de se barricader contre l’inéluctable, il faut penser les villes pour qu’elles puissent fonctionner normalement malgré la crue. Le territoire pertinent « s’impose à nous », et nous devons fédérer les acteurs à l’échelle des bassins versants.
Certains choix, ou non-choix, urbanistiques ont conduit à des catastrophes humaines et économiques. Le développement territorial ne peut se faire à ce prix. Penser la ville résiliente, c’est justement adapter l’urbanisme au risque afin de permettre à la vie économique, sociale et urbaine de continuer malgré l’inondation. C’est un changement de vue que nous devons effectuer, et qui sera source de développement et d’innovation économique, architecturale ou sociale. »


Et dans le domaine des risques liés aux violences urbaines ?
« Plus la communauté urbaine est intégrée, plus elle est en mesure de mettre en place une politique de la ville transversale et efficace, à l’échelle adéquate, afin de prévenir des violences qui naissent de véritables crises sociales. Il faut d’abord identifier les risques afin de nous en prémunir. Mais tout n’est pas prévisible et appelle des politiques publiques résilientes. C’est le cas quand il s’agit d’écoulement de l’eau en cas d’inondation… ce doit être aussi le cas dans la mise en place d’amortisseurs sociaux contra-cycliques en cas de crise. Ces deux aspects imposent d’oeuvrer à la mise en place d’une gouvernance élargie dont les communautés urbaines, et bientôt les métropoles, doivent être les chefs d’orchestre. »

Les communautés urbaines, l’avenir des territoires ?
« Les communautés urbaines jouent déjà un rôle important car elles sont compétentes en matière de PLU. Elles engagent une réflexion sur un périmètre pertinent et ont la capacité de fédérer les acteurs concernés, de la commune à l’Etat. En outre, depuis 10 ans, elles ont fait du développement durable l’architecture de leurs politiques publiques, articulant solidarité, développement et respect de l’environnement. Et dans le domaine de l’économie sociale et solidaire cher à SMACL Assurances, elles accompagnent les citoyens en soutenant des initiatives diverses et foisonnantes. Un élément clef de l’animation de nos territoires ! »
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