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Inondations dans le Var : le point de vue du CEPRI

Publiée le 02/12/2009
Directeur du Cepri, Centre européen de prévention du risque d'inondation. À la tête d’une équipe de 8 spécialistes, Nicolas-Gérard Camphuis dirige un organisme très actif sur le front de la lutte contre l’inondation et ses conséquences négatives.


Quelle est la mission du Cepri ?
Le Cepri est un pôle de compétences sur la prévention du risque d’inondation, à vocation nationale et européenne et à destination prioritaire des collectivités territoriales et des pouvoirs publics. À la fois acteur technique et relais d’opinion, nous nous mettons au service des collectivités ou syndicats qui cherchent à concilier le développement et la compétitivité des territoires avec le risque d’inondation.

 Vous avez fortement milité dans le cadre de la transposition de la directive européenne ?
Dès son entrée en vigueur en novembre 2007 et jusqu’à il y a quelques semaines, nous avons alerté les ministères concernés. Nous ne voulions pas d’une transposition « a minima ». L’inondation, ce n’est pas seulement une rivière qui déborde ou une question de sécurité publique… c’est le problème de l’aménagement du territoire dans son ensemble !
Que peut-on attendre maintenant ? Une fois la loi Grenelle 2 votée, les circulaires et décrets d’application vont sortir en 2010. Bruxelles attend un état préliminaire des risques pour fin 2011, une cartographie des territoires à risque fin 2013 et des plans de gestion des risques fin 2015.
 
La France sera-t-elle prête ?
Côté outils, il en existe déjà beaucoup en France, comme ‘’Vigicrues’’, la carte de vigilance… mais il ne faut pas s’endormir sur ses acquis et surtout ‘’changer de braquet’’ ! Il reste beaucoup de choses à faire : recenser le moindre cours d’eau, mesurer les risques sur les patrimoines culturel et naturel, préparer des plans de continuité d’activité avec le maximum d’acteurs…
 
Comme pour la grippe A H1N1 ?
En quelque sorte ! Si on veut limiter les conséquences négatives d’une crue majeure, il faut impliquer les responsables d’établissements scolaires, les chambres consulaires, les chefs d’entreprise, les agents des collectivités… Le Cepri propose d’ailleurs une méthode facilement transposable. Mise au point pour le conseil général du Loiret, elle a débouché sur des actions préventives et un plan d’urgence pour mieux assurer l’activité en cas de crise.
 
Ne vous reproche-t-on pas de verser dans le catastrophisme ?
Ceux qui le disent ne mesurent absolument pas à quel point une inondation peut fragiliser, voire handicaper un territoire économique. En région parisienne, par exemple, il y a près de 2 millions de personnes en zone inondable et plusieurs centaines de milliers de biens. Et comment aller à La Défense si la ligne du RER A était inondée ?



"Inondations, la France est-elle prête" - Dossier à lire dans Smacl Infos 35 (décembre 2009)
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