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Dominique Voynet dans SMACL Infos

Publiée le 01/12/2011
Arrivée à sa tête en 2008, Dominique Voynet veut faire de Montreuil, cinquième ville de la  Région Île-de-France, une collectivité exemplaire en matière de bonne gestion des finances publiques. Résultat : un désendettement de 24,3 M€ en trois ans …  Méthode miracle ?

Vous avez annoncé, en novembre dernier, une réduction de la dette de Montreuil, depuis trois ans, de plus de 24 millions d'euros. Qu’avez-vous mis en place pour obtenir ce résultat ?
Dominique Voynet : « Une méthode classique et néanmoins exigeante, qui a consisté à examiner très précisément les dépenses de fonctionnement et à revoir les politiques publiques pour dégager des économies. Nous avons réalisé un profond travail d'audit et de priorisation des projets, dans tous les secteurs, pour utiliser l’argent public avec efficacité et efficience. »

Donc supprimer les frais de fonctionnement et dépenses inutiles ?
D.V. : « Il y a peu de dépenses réellement inutiles, même si, pour ma part, j’ai d’emblée renoncé au chauffeur et aux petits privilèges habituellement alloués aux élus ! Je préfère plutôt parler de dépenses mieux ciblées et mieux négociées, avec une politique d’achats plus active via des mises en concurrence très ouvertes ; ce qui permet d'obtenir de meilleurs prix. Ainsi les dépenses de réception et de communication ont été fortement diminuées dès le début du  mandat, par exemple. »

D’autres sources d’économies ?
D.V. : « Je ne vous apprendrai pas que les contrats d’assurance de la ville ont été remis en  concurrence en 2010 ; des réponses adaptées en matière de primes et de couverture ont permis une diminution de ce budget, à garanties égales. Un travail fin sur les franchises a permis d'optimiser les coûts. La ville a également mis en oeuvre une politique ambitieuse de prévention des risques afin de limiter les accidents du travail et les arrêts de travail, donc réaliser des économies là aussi ! Nous avons mis en place le CHSCT, lancé le plan management sécurité et santé au travail ainsi qu'un plan de prévention des risques  psychosociaux particulièrement ambitieux pour l'ensemble des cadres de l'administration. »

Parallèlement, est-il encore possible d’agir sur les recettes ?
D.V. : « Il est vrai que le contexte de crise économique et sociale, qui touche de plein fouet le département de la Seine-Saint-Denis, s’ajoute au désengagement régulier de l’État qui revoit à la baisse les dotations aux collectivités locales. Mais nous avons engagé une action vigoureuse afin d'obtenir des co-financements pour les dépenses d'investissements, ainsi qu’un travail sur les charges sociales. D'où, une amélioration de l'autofinancement permettant un moindre recours à l'emprunt. »

L'emprunt reste malgré tout un levier incontournable pour beaucoup de collectivités. Comment s’en passer ?
D.V. « C’est bien entendu un outil indispensable pour contribuer au financement  d'investissements dont l'amortissement s’effectue à long terme, comme les bâtiments ou la voirie. Il ne serait pas juste de faire supporter par les contribuables le poids total des investissements. Mais le recours à l'emprunt doit demeurer raisonnable. »

À ce titre, que pensez-vous de la création de l'Agence de Financement des Collectivités Locales ?
D.V. : « C'est une instance qui permettra de diversifier les sources de financement qui ont tendance aujourd'hui à se raréfier. Toutefois, cet outil sera utile s’il réussit à se financer lui-même sur les marchés. Et il faudra veiller à ce que les coûts de structure restent raisonnables pour éviter le renchérissement du crédit. »

Avez-vous évité les emprunts ‘’toxiques’’ ?
D.V. : « Oui la ville n'a jamais cédé à leurs sirènes et n'est donc pas exposée aux variations des marchés de capitaux et des changes. Notre politique d'emprunt est prudente, basée sur des produits simples, sans risque et sans effet multiplicateur. Ces trois dernières années, Montreuil a remboursé plus qu'elle n'a emprunté, reconstituant ainsi ses marges de manoeuvre. Résultat : un classement, en 2010, au 27e rang sur 40 des villes de plus de 100 000 habitants en matière de capacité d'autofinancement*.»
* source : ministère des Finances

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