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Bruno Retailleau dans SMACL Infos

Publiée le 01/07/2011
La France n'était pas préparée à affronter les conséquences de Xynthia
Sénateur et président du Conseil général de Vendée, Bruno Retailleau a présidé la Mission sénatoriale chargée d’établir le rapport d’information sur Xynthia.


Sa proposition de loi sur le risque de submersion marine vient d’être adoptée au Sénat. Elle devrait arriver bientôt sur les pupitres du palais Bourbon.
Pour SMACL Infos, Bruno Retailleau en détaille le contenu.  


Que retirez-vous des travaux de la Mission sénatoriale d’information sur la tempête Xynthia ?
Bruno Retailleau : « D’abord un enseignement principal : si la tempête, en tant que phénomène météorologique exceptionnel était inévitable, le drame qu’elle a provoqué était évitable. La Mission a pu ainsi relever une chaîne de défaillances à tous les niveaux de la gestion du risque, qu’il s’agisse de la prévention, de la protection ou de la prévision.
La France n’était tout simplement pas préparée à affronter les conséquences de la tempête Xynthia. »

Comment expliquer et remédier à cette absence de préparation ?
BR : « La faible occurrence des phénomènes climatiques extrêmes en est l’une des principales explications. Certains pays sont plus régulièrement confrontés aux aléas naturels et leurs populations connaissent les comportements à adopter en cas de crise. Notre absence de conscience du risque a entraîné une véritable absence de culture du risque. Pour y remédier, nous devons à la fois mieux sensibiliser la population mais également adopter des règles plus claires et acceptables par tous, notamment en urbanisme. A ce titre, le rapport d’information de la mission a formulé 97 propositions. »


Ce rapport a ensuite débouché, en décembre 2010 sur votre proposition de loi récemment adoptée en première lecture au Sénat. Quels en sont les principaux traits ?
BR : « Elle entend proposer des mesures concrètes pour assurer une gestion effective du risque de submersion marine. Nous avons proposé de nouveaux dispositifs pour chacun des trois piliers de la gestion du risque : prévision, protection et prévention. Nous avons par exemple souhaité assurer une véritable sensibilisation de la population en imposant, dans chaque zone à risque, la tenue régulière d’exercices de simulation pour que les populations adoptent des comportements appropriés en cas de crise.
La proposition de loi prévoit également que les documents d’urbanisme soient systématiquement modifiés pour intégrer les zones à risque définies dans le Plan de Prévention des Risques Littoraux. »


Et pour ce qui concerne la question spécifique des digues ?
BR : « Rappelons d’abord que l’Etat a présenté, en février, un plan "Submersion Rapide" dans lequel il officialise un engagement de 500 millions d’euros sur les digues pour la période 2011-2016. Il va ainsi, sous certaines conditions, financer les travaux de rehaussement des digues à hauteur de 40 %. Si on peut saluer l’effort qui va permettre à de nombreuses communes littorales d’améliorer considérablement leur protection face à la mer, l’engagement financier risque fort de ne pas être suffisant. C’est pourquoi nous avons adopté, dans la proposition de loi, une disposition permettant d’assurer un financement local des digues :  chaque commune littorale pourra, si elle le souhaite, augmenter le taux de sa taxe d’aménagement en vue de financer des travaux sur des ouvrages de protection. »

On parle également de simplification juridique ?
BR : « En tout cas, nous avons pu constater que nous possédions, dans le code de  l’urbanisme ou dans celui de l’environnement, de nombreux outils efficaces mais éparpillés.
Cet éclatement génère les défaillances que nous avons pu relever. La proposition de loi que nous venons d’adopter établit donc des liens entre ces deux codes. »


Vous avez également traité des Plans Communaux de Sauvegarde ?
BR : « Oui car ils représentent les véritables piliers de la prévision des risques naturels ; ils prévoient en effet les mesures locales d’alerte et d’évacuation des populations en cas de crise. C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité non seulement les renforcer mais également les rendre encore plus concrets : toute commune concernée par un Plan de Prévention des Risques devra désormais adopter dans la foulée un plan communal de sauvegarde. Et celui-ci devra prévoir des exercices réguliers de simulation pour permettre aux populations d’adopter
les comportements appropriés face au risque. »


Vous lancez aussi l’idée d'une journée nationale de la Prévention... sous quelle forme ?
BR : « La création de cette journée nationale aurait pour objectif d’envoyer un signal fort en direction de la population pour la sensibiliser aux risques de toute nature. Le gouvernement prendrait en charge l’organisation de cette journée où de nombreuses manifestations pourraient se dérouler sur tout le territoire. Et parce que les bons réflexes doivent s’apprendre le plus tôt possible, je milite pour que soient dispensées, à l’occasion de cette journée, des formations dans les classes de troisième pour que nos jeunes apprennent tôt à se comporter face aux risques. »

Votre proposition de loi doit maintenant être examinée par les députés. Quel type d’accueil va-t-elle recevoir selon vous ?
BR : « Suite au drame né de la tempête Xynthia, une mission d’information a également été constituée à l’Assemblée nationale. Je sais qu’elle a fait un travail de qualité et nous sommes proches sur de très nombreuses positions. Mon voeu le plus cher est que l’examen de notre texte puisse se faire le plus rapidement possible afin que la France rattrape son retard en matière de gestion des risques de submersion marine. »
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